Un moteur diesel qui tourne comme une horloge, une consommation réduite sur autoroute, un couple généreux pour tracter votre caravane… Pendant des décennies, le diesel était considéré comme le choix rationnel pour tout bon automobiliste français.
Mais les temps changent, et rapidement ! En quelques années, ce carburant autrefois adoré est devenu presque persona non grata dans nos villes. Entre scandales industriels, préoccupations environnementales et nouvelles réglementations, vous vous demandez sûrement s’il est encore judicieux d’investir dans une motorisation diesel en 2025.
Dans cet article, vous découvrirez pourquoi de plus en plus d’automobilistes se détournent du diesel, mais aussi les situations où il peut encore se justifier. Vous comprendrez les enjeux réglementaires des ZFE, les contraintes techniques comme l’AdBlue, et surtout, vous saurez si votre profil d’utilisateur est encore compatible avec cette motorisation.
Alors sans plus attendre, plongeons dans le vif du sujet pour vous aider à prendre la meilleure décision pour votre prochain achat automobile !
Pourquoi le diesel est-il en perte de vitesse aujourd’hui ?
Si vous vous intéressez un tant soit peu à l’actualité automobile, vous avez forcément remarqué le déclin spectaculaire du diesel ces dernières années. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors que cette motorisation dominait largement le marché il y a une dizaine d’années, elle ne représentait plus que 15,3% des ventes de véhicules neufs en 2022.
Le diesel reste toutefois bien présent sur le marché de l’occasion, où il représente encore 46,9% des transactions selon les données NGC-Data et AutoScout24 rapportées par Automobile Magazine. Mais pourquoi un tel revirement de situation ?
L’impact durable du ‘Dieselgate’
Tout a basculé en 2015 avec l’affaire Volkswagen, ce fameux ‘Dieselgate’ qui a secoué toute l’industrie automobile. Le constructeur allemand, pris la main dans le sac en trichant sur les tests d’émissions polluantes, a porté un coup fatal à l’image du diesel.
Cette affaire a révélé au grand public que les voitures diesel émettaient bien plus d’oxydes d’azote (NOx) et de particules fines en conditions réelles que ce que les tests officiels laissaient entendre. La confiance des consommateurs s’est effondrée, et les pouvoirs publics ont commencé à durcir sérieusement la réglementation.
L’essor des Zones à Faibles Émissions (ZFE)
Conséquence directe de cette prise de conscience environnementale : la multiplication des Zones à Faibles Émissions (ZFE) dans les grandes agglomérations françaises. Ces zones restreignent progressivement la circulation des véhicules les plus polluants, identifiés par leur vignette Crit’Air.
À Paris par exemple, les véhicules Crit’Air 4 et 5 (majoritairement des diesels d’avant 2006) sont déjà interdits, et les Crit’Air 3 (diesels d’avant 2011) ne peuvent plus circuler depuis début 2024. D’autres métropoles comme Lyon, Marseille ou Strasbourg suivent le même chemin, avec des calendriers d’interdiction qui s’accélèrent.
| Vignette Crit’Air | Diesel concerné | Statut dans les ZFE en 2025 |
|---|---|---|
| Crit’Air 5 | Avant 2001 | Interdit dans la plupart des ZFE |
| Crit’Air 4 | 2001-2005 | Interdit dans la plupart des ZFE |
| Crit’Air 3 | 2006-2010 | Interdit ou en cours d’interdiction |
| Crit’Air 2 | 2011-2018 | Autorisé (mais restrictions prévues d’ici 2028) |
La transition vers l’électrique
L’autre facteur qui accélère le déclin du diesel, c’est bien sûr la montée en puissance des motorisations alternatives. Les constructeurs, poussés par les objectifs européens de réduction des émissions de CO2, investissent massivement dans l’électrique et délaissent progressivement le développement des moteurs diesel.
Résultat : de nombreuses marques ont déjà annoncé l’arrêt progressif de leurs gammes diesel. Certains constructeurs comme Volvo ne proposent même plus cette motorisation sur leurs véhicules neufs en 2025. Et la future norme Euro 7, prévue pour 2025, devrait rendre encore plus coûteux et complexe le développement de moteurs diesel conformes.
Les inconvénients majeurs du diesel en 2025
Maintenant que vous comprenez mieux le contexte, voyons en détail pourquoi il peut être risqué d’investir dans une voiture diesel aujourd’hui.
Les restrictions d’accès aux zones urbaines
Le premier inconvénient, et non des moindres, c’est la limitation croissante d’accès aux centres-villes. Avec le développement des ZFE dans 43 agglomérations françaises d’ici 2025, de plus en plus de véhicules diesel se retrouveront interdits de circulation dans les zones urbaines.
Et ce n’est pas un phénomène limité à la France : partout en Europe, de Londres à Milan en passant par Bruxelles, les restrictions se multiplient pour les véhicules diesel. Si vous résidez dans une grande agglomération ou si vous devez régulièrement vous y rendre, c’est un facteur à prendre très sérieusement en compte.
La dépréciation accélérée
Conséquence directe de ces restrictions : la valeur de revente des véhicules diesel s’effondre. Un diesel acheté aujourd’hui risque de perdre beaucoup plus rapidement de sa valeur qu’un modèle essence équivalent, sans parler des hybrides et électriques qui maintiennent mieux leur cote.
Cette dépréciation s’accentue pour les modèles plus anciens (Euro 4, Euro 5) qui seront les premiers touchés par les restrictions. Même les diesels récents aux normes Euro 6d-TEMP ou Euro 6d ne sont pas à l’abri d’une décote accélérée dans les années à venir.
Les contraintes techniques et coûts d’entretien
Pour respecter les normes antipollution de plus en plus strictes, les moteurs diesel modernes sont devenus extrêmement complexes. Ils sont équipés de nombreux systèmes comme :
- Le filtre à particules (FAP), qui capture les particules fines mais peut se boucher si vous faites principalement des courts trajets
- Le système SCR avec AdBlue, un additif qu’il faut régulièrement recharger (environ tous les 10 000 km) et qui représente un coût supplémentaire
- La vanne EGR, souvent source de pannes coûteuses
- Le catalyseur d’oxydation, sensible à la qualité du carburant
Tous ces systèmes ont un coût d’entretien non négligeable. Et en cas de défaillance, la facture peut vite grimper : comptez entre 1500€ et 2500€ pour remplacer un filtre à particules bouché, par exemple.
De plus, le diesel n’est vraiment pas adapté aux courts trajets urbains. Sans régimes soutenus et températures élevées, les systèmes de dépollution ne fonctionnent pas correctement, ce qui accélère leur usure.
Les derniers avantages du diesel en 2025
Malgré tous ces inconvénients, le diesel conserve quelques atouts qui peuvent encore justifier ce choix dans certains cas spécifiques.
Économie de carburant sur longs parcours
C’est l’argument historique du diesel et il reste valable en 2025 : un moteur diesel consomme en moyenne 15 à 20% de carburant en moins qu’un moteur essence équivalent. Cette économie est particulièrement notable sur les longs parcours autoroutiers.
Par exemple, un Volkswagen Tiguan 2.0 TDI affiche une consommation moyenne mesurée d’environ 7L/100km, là où ses équivalents essence hybrides tournent plutôt autour de 8-8,3L/100km. À cela s’ajoute un léger avantage sur le prix à la pompe : en mars 2024, le gazole est vendu environ 1,65-1,66€/L contre 1,70-1,71€/L pour le SP95.
Couple moteur et capacité de remorquage
Si vous tractez régulièrement une caravane, une remorque ou si vous transportez de lourdes charges, le diesel garde un avantage certain. Son couple élevé disponible à bas régime facilite les démarrages en côte et réduit la consommation lors du remorquage.
C’est d’ailleurs pourquoi les grands SUV, les pick-up et les utilitaires continuent de proposer majoritairement des motorisations diesel. Pour ce type d’usage spécifique, les alternatives (notamment électriques) restent soit trop coûteuses, soit pas encore assez performantes.
Disponibilité et prix attractifs en occasion
Avec près de 28 millions de véhicules diesel encore en circulation en France, le marché de l’occasion regorge de modèles à tous les prix. Cette large offre permet de trouver des affaires intéressantes, surtout pour des véhicules récents (Euro 6) qui ne seront pas immédiatement concernés par les restrictions des ZFE.
La décote accélérée des diesels peut même jouer en votre faveur si vous cherchez une voiture d’occasion pour un usage limité dans le temps (3-4 ans) et principalement hors des grandes agglomérations.
Pour qui le diesel reste-t-il pertinent en 2025 ?
Maintenant que nous avons fait le tour des avantages et inconvénients, voyons quel profil d’utilisateur peut encore trouver un intérêt à acheter un véhicule diesel en 2025.
Le profil idéal : le grand rouleur rural
Le diesel reste particulièrement adapté aux conducteurs qui :
- Parcourent plus de 20 000 km par an, principalement sur routes nationales et autoroutes
- Vivent et travaillent en dehors des zones urbaines concernées par les ZFE
- Effectuent régulièrement de longs trajets d’une traite (plus de 100 km)
- Ont besoin de tracter des charges lourdes ou de transporter beaucoup de matériel
Dans ce cas précis, vous bénéficierez pleinement des avantages du diesel (économie de carburant, autonomie, couple) tout en minimisant ses inconvénients. De plus, les trajets longs et réguliers permettent au moteur et à ses systèmes de dépollution de fonctionner dans des conditions optimales.
Les profils pour lesquels le diesel est à proscrire
En revanche, évitez absolument le diesel si vous correspondez à l’un de ces profils :
- Vous habitez dans une grande agglomération concernée par une ZFE ou vous devez y accéder régulièrement
- Vous effectuez principalement des trajets courts (moins de 20 km) en ville
- Vous parcourez moins de 15 000 km par an
- Vous prévoyez de garder votre véhicule longtemps (plus de 5 ans)
- Vous avez un budget limité pour l’entretien du véhicule
Dans ces cas, les inconvénients du diesel (restrictions d’accès, risques de pannes, dépréciation) l’emportent largement sur ses avantages potentiels.
Quelles alternatives considérer au lieu du diesel ?
Si après lecture de cet article, vous hésitez encore sur le diesel, voici les principales alternatives à considérer en 2025.
L’essence : le retour en grâce
Les moteurs essence modernes, notamment les versions turbocompressées à injection directe, ont fait d’énormes progrès en matière de consommation et de performances. Pour un usage mixte ville/route avec un kilométrage annuel modéré (moins de 20 000 km), c’est souvent l’option la plus pertinente.
Avantages : moins de restrictions dans les ZFE (Crit’Air 1 pour les plus récents), entretien généralement moins coûteux, meilleure valeur de revente.
L’hybride : le meilleur des deux mondes
Les véhicules hybrides (non rechargeables) représentent un excellent compromis pour un usage polyvalent. Ils combinent un moteur essence avec un ou plusieurs moteurs électriques, permettant de réduire significativement la consommation en ville.
La Toyota Yaris Hybrid, par exemple, affiche une consommation réelle en cycle urbain souvent inférieure à celle d’un diesel équivalent, tout en bénéficiant d’une vignette Crit’Air 1 qui lui garantit un accès durable aux centres-villes.
L’hybride rechargeable : pour ceux qui peuvent recharger
Si vous disposez d’une solution de recharge à domicile ou au travail, l’hybride rechargeable peut être une excellente option de transition. Ces véhicules permettent de parcourir 40 à 80 km en mode 100% électrique pour les trajets quotidiens, tout en conservant l’autonomie d’un moteur thermique pour les longs trajets.
Attention toutefois : sans recharge régulière, leur consommation peut être supérieure à celle d’un véhicule essence classique en raison du poids supplémentaire des batteries.
L’électrique : la solution d’avenir
Pour un usage principalement urbain et périurbain, avec des trajets quotidiens inférieurs à 150-200 km, les véhicules 100% électriques deviennent une option de plus en plus crédible. Ils bénéficient d’un accès garanti aux ZFE (vignette Crit’Air verte), de coûts d’utilisation réduits et d’un confort de conduite supérieur.
Les nouvelles générations de véhicules électriques offrent des autonomies de 300 à 500 km en conditions réelles, ce qui les rend compatibles avec la plupart des usages quotidiens. Le réseau de recharge s’étoffe également rapidement, facilitant les trajets longue distance.
Foire Aux Questions
Peut-on encore acheter une voiture diesel neuve en 2025 ?
Oui, il est encore possible d’acheter des voitures diesel neuves en 2025, mais l’offre se réduit considérablement. De nombreux constructeurs comme Renault, Citroën ou Peugeot continuent de proposer des moteurs diesel sur certains modèles, principalement les SUV, les berlines familiales et les utilitaires. Toutefois, les petites citadines diesel ont pratiquement disparu du marché du neuf.
Faut-il encore acheter un diesel d’occasion en 2025 ?
L’achat d’un diesel d’occasion peut se justifier si vous correspondez au profil du ‘grand rouleur’ évoqué plus haut et si vous choisissez un modèle récent (Euro 6 minimum). Cependant, privilégiez les véhicules immatriculés après septembre 2015 (Euro 6b) ou, mieux encore, après septembre 2018 (Euro 6d-TEMP), qui bénéficient de la vignette Crit’Air 2 et ne seront pas concernés par les restrictions des ZFE avant plusieurs années.
Est-il encore rentable d’acheter une voiture diesel ?
La rentabilité d’un véhicule diesel dépend essentiellement de votre kilométrage annuel. En règle générale, il faut parcourir au moins 20 000 km par an pour que l’économie de carburant compense le surcoût à l’achat et les frais d’entretien plus élevés. Pour un kilométrage inférieur, l’essence ou l’hybride seront généralement plus économiques sur la durée totale de possession.
15 000 km par an : essence ou diesel ?
Avec 15 000 km par an, le diesel n’est généralement plus rentable financièrement, surtout si une partie de ces trajets est effectuée en ville. À ce niveau de kilométrage, privilégiez plutôt une motorisation essence, idéalement hybride si votre budget le permet. Vous bénéficierez d’un entretien moins coûteux, d’une meilleure valeur de revente et d’un accès durable aux zones urbaines.
Quels véhicules ne pourront plus rouler en 2025 ?
En 2025, dans la plupart des ZFE déjà mises en place, les véhicules classés Crit’Air 4 et 5 seront interdits de circulation. Cela concerne principalement :
- Les véhicules diesel immatriculés avant 2006 (normes Euro 1, 2 et 3)
- Les véhicules essence immatriculés avant 1997 (non classés)
À Paris et dans certaines métropoles comme Lyon ou Marseille, les restrictions toucheront également les véhicules Crit’Air 3 (diesel immatriculés entre 2006 et 2010, correspondant à la norme Euro 4). Il est donc essentiel de vérifier les calendriers spécifiques à chaque ZFE avant d’acheter un véhicule diesel d’occasion.
